La santé connectée aidera-t-elle les Africains à moins perdre la vue ?

L’ophtalmologie cristallise de nombreux problèmes de santé publique. Même dans les pays « riches » comme les USA, la France, l’accès aux spécialistes est difficile et reste trop souvent coûteux.
Le constat est bien plus dramatique sur un continent plus pauvre comme l’Afrique où les spécialistes sont beaucoup plus rares, et les appareillages coûteux et souvent inexistants, notamment dans les zones rurales.
En Afrique, plus de 6% de la population est aveugle ou atteinte d’une déficience de la vue pour le simple fait de ne pas avoir porté de lunettes, lunettes qui pourraient être produites au coût de 5 euros. La cataracte est responsable de presque 40% des cas de cécité. La thérapie de la cataracte est chirurgicale : on extrait le cristallin naturel et on le remplace par une lentille artificielle. Cette intervention, qui rend la vue, coûte environ 30 euros pour un adulte et 130 euros pour un enfant.
A noter que l’espérance de vie d’un aveugle en Afrique est de trois ans…
C’est alors le triomphe de la santé connectée d’aller à la rencontre de la population à moindre coût, et de permettre des diagnostics précoces, des dépistages de masse.
Un dispositif particulièrement intéressant permet de réaliser tous les examens ophtalmologiques ordinaires. Il s’agit de l’application PEEK vision (Portable Eye Examination Kit). L’application a été développée en collaboration entre les spécialistes de l’Université de Médecine Tropicale de Londres, et la société Golden Gekko. L’application est utilisée pour le dépistage de masse chez les enfants.
Le projet est de réaliser un dépistage au Kenya dans le district de transe Zoia ou 80 % des 2,5 millions d’habitants présenterait des troubles de la vision pouvant conduire à la cécité s’ils ne sont pas traités. L’application est installée sur un Smartphone. L’écran du Smartphone affiche un « E » dont la taille et l’orientation peut changer. L’examiné doit décrire ce qu’il voit. L’examinateur agite le Smartphone en cas de mauvaise réponse. Les résultats sont immédiatement disponibles, ils sont stockés dans la mémoire du téléphone et peuvent être partagés avec des professionnels, pour une prise en charge médicale ultérieure.

Il a déjà été utilisé auprès de plusieurs dizaines de milliers d’enfants scolarisés, permettant de dépister environ un millier de troubles de la vision et de rediriger les enfants vers l’hôpital du chef-lieu de district. Le teste visuel réalisé grâce au Smartphone est aussi fiable que ceux produit par les méthodes classiques. Le dispositif permet également des examens plus approfondis comme une étude de la rétine. Une connexion à une imprimante permet alors d’obtenir des clichés de haute qualité. Ils peuvent servir à identifier un certain nombre de troubles visuels à moindre coût.

L’ensemble du système reviendrait à près de 50 fois moins cher qu’un équipement traditionnel, qui de toute façon n’est pas disponible chez ces populations rurales. La technologie utilisée par ce système est particulièrement adaptée à l’évolution de la société africaine qui a sauté l’étape du téléphone fixe, et même d’Internet sur ordinateur pour passer directement à l’utilisation d’internet sur le mobile. D’après les promoteurs du système 80 % des déficiences visuelles les plus fréquentes dans les pays du tiers-monde (cataracte, glaucome…) pourraient être dépistées efficacement, permettant un traitement avant la cécité.
Alors loin des hypothétiques gadgets électroniques de demain, voilà la santé connectée bien réelle permettant la prévention et le dépistage !

Références :

Organisation Mondiale de la Santé (OMS) : Cécité et déficience visuelle

Amoaonlus : la cecite en afrique 

Innogence Pulse : PEEK Vision, l’application de tests visuels pour les pays en développement 

France 24 : Le Phacokit, la solution low-cost contre la cataracte

 

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