Les robots « humanoïdes » ou « Biomimétiques » à l’hôpital.

Nous vous avons présenté dans notre premier billet, nos « petits » amis robots domestiques, Buddy le Français, et Zenbo son homologue Taiwanais. Vous avez pu apprécier les qualités de ces deux compagnons de la famille, équipés et connectés pour le bien-être et la sécurité de tous, au sein de la maison. Ils viennent de naître et nous apprécierons leurs intégrations dans la cellule familiale et auprès de nos seniors isolés en situation parfois précaire.
Ils existent depuis beaucoup plus longtemps des robots également humanoïdes, spécialisés et aptes à réaliser des travaux précis, pour lesquels ils sont programmés. Certains sont réceptionnistes dans un grand magasin ou dans un hôtel.
Mais nous voulons vous présenter aujourd’hui, les robots présents à l’hôpital, auxiliaires du personnel médical et para médical.
La palme en la matière revient aux établissements Japonais qui recrute de plus en plus ce type de personnel, dévoué et infatigable. L’Europe, berceau de ces robots humanoïdes (Société Aldebaran devenu SoftBank Robotics Europe), n’est pas en reste comme nous le verrons avec Pepper.
La courbe démographique Nippone explique cette nécessité d’utiliser des auxiliaires robots, la population vieillit, il y a un manque de main d’œuvre jeune et forte pour réaliser certaines tâches hospitalières répétitives et fatigantes, comme le port des patients du lit au fauteuil ou sur une chaise roulante. Ces gestes sont responsable pour les aides-soignants, de troubles de la statique rachidienne, de lombalgies à l’origine d’un absentéisme, dommageable pour l’individu, et pour la collectivité… .
Dans les années 90 les premiers robots utilisés à l’hôpital accomplissaient des taches de base comme la livraison de médicament, de radiographie ou de nourriture dans les différents services de l’hôpital, leur nombre s’est récemment renforcé à tous les niveaux du staff, de l’aide-soignant au médecin.
Voilà Robear le robot aide-soignant, évolution des robots Riba I et II, fabriqué par les Japonais Riken Brain Science Institude, et le fabriquant de caoutchouc Sumitomo Riko. Il est habillé selon les caractéristiques d’un ours (d’où l’appellation biomimétique)
Il est capable de transférer un patient depuis son lit sur un fauteuil roulant, il est équipé de caméra et de micro et peut donc répondre à des ordres donnés à distance, utilisé à l’hôpital, il peut l’être aussi à domicile et aider aux soins de nursing.
Terapio le robot assistant infirmier fait le tour des patients avec l’infirmière et la soulage des taches de recueil des constantes de base ou de vérification de paramètres vitaux. L’infirmière a plus de temps à consacrer directement aux malades. Terapio intègre le dossier médical électronique du patient, il le complète automatiquement pendant le tour. Il permet de dépister de possibles allergies ou interactions médicamenteuses. Il est équipé d’une caméra et le staff infirmier peut le contrôler à distance lorsqu’il réalise de façon autonome la visite des patients.

Le robot Médecin RP-7 fabriqué par Intouch Healh aux Etats Unis, fonctionnant grace à la plate-forme RP-VITA « Remote Presence Virtual + Independent Telemedicine : C’est à dire une présence virtuel à distance, et l’utilisation d’une plate-forme de télémédecine indépendante.
RP-7 peut être l’auxiliaire du médecin qui examinera précisément le patient à distance. RP-7 prend le pouls, il est équipé de caméra de micro, de systèmes médicaux de classe II (Classification de la FDA), stéthoscope, otoscope échographe, bien sûr connectés, et envoyant les données à distance auprès d’un médecin référent. RP-7 peut intégrer le dossier électronique du patient. Le médecin référent qui pilote le système à distance, depuis son domicile par exemple, pourra faire un diagnostic, prescrire des examens complémentaires, ou ordonner un traitement en urgence. Cette plateforme ne remplace pas un médecin sur place mais peut parfois éviter son déplacement. Et dans l’urgence, la plateforme peut procéder à des actions parfois vitales en attendant l’arrivée du médecin du service.
Ce même robot, peut aussi pénétrer dans un bloc opératoire. Par son intermédiaire le médecin référent situé à distance peut voir le champ opératoire ou se brancher sur le système de camera endoscopique et donner des conseils, guider un geste chirurgical ….
Son coût ne dépasse pas celui d’un médecin en début de formation.
Voilà enfin Pepper dans la catégorie toute particulière des robots qui déclenchent un contact émotionnel particulier, intéressant à utiliser dans certaines situations, ou chez certains patients.
Pepper investi actuellement deux hôpitaux Belge, l’Hôpital de la citadelle de Liège, et un établissement Hospitalier à Ostande.
Il accueille les patients à l’entrée de l’hôpital, facilite leurs admissions, les guides dans les services, leur apportant un apaisement significatif, lors de moments qui sont toujours potentiellement stressants.
Dans les services, il aide les enfants, dédramatise les soins.
Dans certains établissements spécialisés Pepper agit auprès de jeunes autistes facilitant leur relation à l’apprentissage.
Une application qui lui est dédiée lui permet de proposer un jeu de stimulation intellectuelle aux personnes âgées ou souffrant de troubles mentaux.
L’implantation déjà ancienne de ces robots notamment au Japon, montre qu’ils ont parfaitement trouvé leur place et assistent déjà avantageusement les professionnels de l’hôpital.
Grâce au développement des objets connectés, mais surtout des applications médicales, les possibilités semblent infinies, avec probablement une évolution de plus en plus efficiente dans le soin lui-même.
Nous suivrons notamment l’installation de Pepper en Belgique qui doit monter en puissance ces prochains mois, ce sera l’occasion d’un nouveau bloc-note sur le sujet.

Quelques articles de références :

RP 7 : iRobot and InTouch Health Announce RP-VITA Telemedicine Robot

Terapio : This autonomous medical robot can assist nurses

Robear : Japan: Meet Robear, a robot bear nurse that can lift patients into wheelchairs

Pepper : Le robot humanoïde Pepper rejoint les équipes de deux hôpitaux belges (vidéo)

5 commentaires Ajoutez les votres
  1. Le robot Médecin RP-7 ? Certainement une des solutions dans les déserts médicaux mais aussi un des éléments d’attractivité pour inciter les jeunes médecins à s’installer en zone rurale en leur offrant une possibilité de partage de diagnostics avec un médecin référent.

    1. Cher Monsieur Bareau, merci pour votre commentaire.
      RP-7 serait tout à fait indiqué dans les situations que vous évoquez.
      Il faut prendre en compte son coût qui est équivalant mensuellement à un salaire de médecin junior.
      Il faudrait imaginer qu’il intègre par exemple une maison de santé, ou un hôpital de proximité.
      il pourrait alors très bénéfiquement être un relais entre le médecin ou le para- médical de première ligne, et le spécialiste référent situé à distance.
      Il y a de très nombreuses situations d’urgences ( cardio-vasculaire, pneumologique…), ou l’ avis du spécialiste peut redresser une situation délicate pour le patient, en attendant l’arrivée d’un secours de type SAMU.
      Alors dans ce contexte RP-7, peut devenir un support très rassurant pour un médecin isolé.
      Il faudra créer la plateforme qui pourra gérer l’utilisation à distance de notre Robot.
      Affaire à suivre…

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